Insecticides : des semis dangereux pour les abeilles

Un article de Yves Miserey publié par Le Figaro le 1/3/2012:

« Les graines de maïs enrobées d’insecticides peuvent faire des ravages chez les abeilles. Non pas seulement quand les plantes fleurissent et que les abeilles se nourrissent de pollen mais au moment du semis. Lors de cette opération, des millions de microparticules sont mises en suspension dans l’atmosphère. Même si les quantités sont infinitésimales, cela suffit à contaminer les abeilles qui survolent le champ à ce moment-là ou qui butinent à côté. C’est le résultat d’une étude publiée par une équipe de l’université de Padoue dans la revue Environmental Science and Technology, éditée par la Société américaine de chimie. »

Retrouvez l’intégralité de l’article du Figaro sur ce lien

Mesures d’urgence concernant la mise en culture du maïs génétiquement modifié MON810

Le Gouvernement français a adressé le 20 février 2012 une note à la Commission européenne pour l’informer de la nécessité de prendre des mesures d’urgence concernant la mise en culture du maïs MON810 en application de l’article 34 du règlement (CE) 1829/2003.

Consulter la note du 20 février 2012 adressée à la Commission européenne

Vous pouvez consulter l’article complet sur le site du ministère de l’agriculture sur le lien suivant:

http://agriculture.gouv.fr/consultation-mesure-d-urgence-MON810

Les observations sur ce projet peuvent être adressées avant le 6 mars 2012 au soir, date de fin de consultation, à l’adresse électronique suivante : consultation.ogm.dgal@agriculture.gouv.fr

A la suite du jugement en septembre dernier par la Cour de Justice Européenne qui a interdit la vente de miel contaminé par du pollen OGM, si ces cultures étaient autorisées ce printemps, l’apiculture serait condamnée, une grande partie du miel produit serait impropre à la consommation. C’est ce qui se passe actuellement en Espagne où de nombreux apiculteurs se retrouvent avec leur stock de miel invendable.

Il est important et urgent que  chaque apiculteur se manifeste en envoyant ses observations, la saison de semis du maïs est proche maintenant .

Maïs OGM interdit ou autorisé?

C O M M U N I Q U E  D E  P R E S S E  OGM :

Bruno Le Maire promet le moratoire d’une main et organise la culture hégémonique du MON810 de l’autre. 

Fin janvier, Bruno Le Maire a notifié à la Commission européenne un projet d’arrêté visant à définir les conditions de la coexistence. Ce texte, téléchargeable sur le site de la Commission européenne, confirme les craintes des organisations paysannes, apicoles et environnementales : Bruno Le Maire a choisi son camp, celui de la contamination par les OGM ! Certains membres du gouvernement ont avoué la fragilité du moratoire devant les juridictions, et cela signifie que des cultures d’OGM pourraient intervenir en avril ou en mai. Malgré cela, Bruno Le Maire organise la coexistence la plus laxiste d’Europe. Le texte prévoit pour le maïs :  Au choix, 50 mètres entre une parcelle GM et une culture non GM interféconde ou « l’implantation (…) d’une bordure d’une largeur minimale de 9 m constituée d’une variété de maïs non génétiquement modifié » . Pas une ligne pour protéger l’apiculture (pour rappel, du miel contenant du pollen de maïs MON810 est invendable puisque Monsanto n’a pas demandé d’autorisation de ce pollen dans l’alimentation humain) . Pas une fois n’est mentionnée l’agriculture biologique . Rien n’est dit pour éviter les contaminations des variétés locales de maïs population, dont les agriculteurs ressèment chaque année une partie de leur récolte . L’étiquetage « sans OGM », qui vient de faire l’objet d’un décret ne bénéficie d’aucune protection particulière . Aucune explication n’est fournie quant à l’absence de prise en compte des recommandations du CEES du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) – en, l’espèce ce sont plutôt les préconisations de l’Association générale des producteurs de maïs qui ont été suivies. Si ce projet était définitivement adopté, il signerait l’arrêt de mort de l’apiculture française, de l’agriculture biologique et des semences paysannes. Nous dénonçons ces mesures en faveur d’une coexistence qui signifie la fin des filières agricoles et apicoles de qualité, cohérentes avec un développement soutenable. Nous dénonçons le double-langage du gouvernement : d’un côté, il n’a de cesse de répéter qu’il adoptera un moratoire et de l’autre, il prépare en sous-main la culture hégémonique du MON810. Avons-nous encore besoin de rappeler que les Français n’en veulent pas ?! Il est inadmissible que le gouvernement se soumette au lobby au détriment des promesses faites aux citoyens ! Nous demandons instamment le retrait de ce projet de texte et l’application de la loi sur les OGM que le gouvernement a lui-même faite voter en 2008. La mise en œuvre de la loi passe par l’interdiction de la culture des OGM dans toute zone à proximité de ruchers, de cultures bios et de maïs population. Dans ce double-jeu pré-électoral, les citoyens, l’agriculture bio et l’apiculture ne seront pas les dindons de la farce.
CONTACTS: UNAF : Jean-Marie Sirvins – 06 89 37 06 12
Confédération Paysanne : Guy Kastler – 06 03 94 57 21
FNAB : Daniel Evain – 06 84 06 64 38
FNE : Lylian Le Goff – 06 72 15 22 25
Les Amis de la Terre : Patrick De Kochko – 06 17 06 62 60 

Quelques liens:

Communiqué de presse de l’UNAF

Projet de l’arrêté proposé à la commission européenne.

Signez la pétition pour une protection de l’apiculture contre les OGM

Apocephalus Borealis (suite)

A la suite de la découverte du parasitisme de l’abeille par la mouche Apocephalus Borealis aux USA, j’ai trouvé dans le site de l’Union Nationale de l’Apiculture Française, un communiqué de Marc-Edouard COLIN, Docteur Vétérinaire, Chercheur au Laboratoire de patho-vigilance et de développement apicole de Sup Agro / INRA – Montpellier :

Mouches à miel et mouches parasites

Très bon conseil aux apiculteurs en fin de texte:

« Mais la meilleure prophylaxie est encore d’éviter que A. borealis soit importé dans nos ruchers français à l’occasion d’achats de reines ou de paquets d’abeilles provenant d’Amérique du Nord. »

A méditer aux cas où certains n’auraient toujours pas compris les dangers des espèces invasives qui touchent l’apiculture, (varroa, frelon asiatique), mais aussi beaucoup d’autres activités, (plus de 1500 espèces invasives en Europe.

Lien vers le site de l’Union Nationale de l’Apiculture Française:

http://www.unaf-apiculture.info/

 

Apocephalus Borealis, un nouveau péril pour l’abeille

Femelle adulte d' Apocephalus Borealis
Femelle adulte d' Apocephalus Borealis

Habituellement parasite des bourdons, Apocephalus Borealis, a été mis en évidence chez des abeilles aux USA.

Une mouche parasite Apocephalus Borealis a été observée sur des abeilles aux USA, en Californie et au Dakota du Sud. Cette mouche dépose ses œufs dans l’abdomen d’une abeille, sept jours plus tard l’abeille meurt et en moyenne 13 larves de Apocephalus Borealis  sortent  par le thorax ou l’abdomen de l’abeille , et pendant cette période le comportement de l’abeille est modifié. Touchant l’ouest des USA, ce parasite pourrait s’étendre à tout le pays du fait des transhumance…

Apocephalus Borealis en train de pondre dans l'abdomen d'une abeille
Apocephalus Borealis en train de pondre dans l'abdomen d'une abeille
Larves sortant du thorax d'une abeille morte
Larves sortant du thorax d'une abeille morte

«Quand nous avons observé les abeilles infectées, nous avons constaté qu’elles se rassemblaient pour voler en cercle près des sources de lumière souvent sans aucune direction», a déclaré Andrew Core, auteur principal de l’étude.

Pour les scientifiques, virus et champignons sont une des causes du syndrome de l’effondrement d’une colonie (Colony collapse disorder, CCD), un mal qui affectent les abeilles dans le monde et provoque la disparition de nombreuses ruches. Bien souvent, on retrouve autour de ces ruches des abeilles complétement désorientées aussi les auteurs s’interrogent sur le rôle de ce parasite dans ce syndrome. Le phénomène étant observé pour la première fois et les abeilles faisant partie des espèces les plus étudiées, il est peu probable qu’un tel parasite ait pu échapper aux investigations, «mais il ne faut pas écarter la possibilité que cela puisse être un parasite émergent».

C’est pourquoi les scientifiques proposent de continuer à étudier Borealis Apocephalus car ils ne savent pas encore comment il s’y prend pour modifier le comportement des abeilles. De plus les chercheurs ignorent si les abeilles quittent la ruche de leur propre gré ou si elles dégagent un signal chimique qui pousse les autres abeilles à les chasser. Enfin, le mode d’infestation n’est pas encore clairement déterminé car peu de mouches ont été retrouvées autour des ruches.

Quelques liens:

Publication (en anglais) des scientifiques qui ont fait cette découverte, ( Andrew Core, Charles Runckel, Jonathan Ivers, Christopher Quock, Travis Siapno, Seraphina DeNault, Brian Brown, Joseph DeRisi, Christopher D. Smith, John Hafernik) le 3 janvier sur PLosOne3:  « A New Threat to Honey Bees, the Parasitic Phorid Fly Apocephalus borealis »  

 Article Sciences et Avenir

Article sur le site Apivet

Fête de la science 2011

Les 15 et 16 octobre 2011 la science était en fête au Technopole Alimentec, à Bourg en Bresse.

Les  Apiculteurs de l’Ain étaient présents pour présenter les abeilles et l’apiculture aux 1800 visiteurs du weekend.

Beaucoup d’interrogations sur les dangers qui menacent l’abeille de la part des visiteurs, la recherche de la reine dans la ruche vitrée à passionné les enfants, une belle manifestation.

Une belle affluence sur le stand tout le weekend.


La dégustation du miel.

Toujours beaucoup de succès pour la ruche vitrée.


L’article du journal Le Progrès du 16 octobre 2011.

Traitements anti Varroas

Après la belle année apicole pour beaucoup d’entre nous, il est temps pour les retardataires de traiter leurs ruches contre Varroa. Les fortes pontes du printemps ont favorisé le développement de ce parasite, et le temps exceptionnel de ce mois de septembre qui a relancé la ponte des reines risque encore d’en augmenter la population.

J’ai pris des photos dans mon rucher 18 heures après avoir posé des inserts Apivar, c’est assez impressionnant, l’infestation est proportionnelle à la taille de la colonie:

Cette ruche était très forte au printemps, n’a pas essaimé et a récolté plus de 4 hausses de miel, un véritable paradis pour les femelles Varroas qui ont eu des milliers de cellules à leur disposition pour pondre en toute tranquilité.

Celle ci au contraire à essaimé assez tard, mi-juin, donc il y a eu un arrêt de ponte. La jeune reine a peu pondu au début, probablement à cause du mauvais temps de cet été qui à limité les apports de nourriture, les femelles Varroas n’ont pas eu beaucoup de couvain à leur disposition et l’infestation est minime. Actuellement avec les apports importants de nectar et de pollen récoltés sur le lierre, la reine a une très forte ponte.

Ces photos montrent que les traitements anti Varroas sont bien toujours efficaces et plus que jamais nécessaires. Sans traitement, la ruche la plus infestée qui est une colonie exceptionnelle risquerais de disparaitre rapidement.

Fonte des cires d’opercules

La récolte de cette année est presque terminée, n’oubliez pas de fondre séparément vos opercules pour que la section puisse mettre en place un approvisionnement en cire gaufrée non contaminée par des bactéries et des résidus de traitements anti-varroa.

Pour pouvoir réussir cette opération, il faut qu’une majorité d’apiculteurs joue le jeux et trie ses cires, le cirier ne fondra séparément notre cire qu’à partir d’un poids suffisant.

Nous avons tous à gagner à cette opération en qualité de miel, mais surtout en santé de nos abeilles.

Vous pouvez retrouver l’article du mois de février 2010 sur la contamination des rayon en cliquant sur le lien suivant:

http://www.apiculture-haut-bugey.com/?p=501

Pour ceux qui veulent néanmoins fondre leurs anciens cadres de corps, les ciriers sont de plus en plus vigilants sur la qualité des pains de cires qu’ils reprennent, et refusent souvent les pains trop foncés. Avec le coût de l’énergie, et le peu de cire récupérée, s’il faut se retrouver en plus avec des pain de cire inutilisables, je pense qu’il vaut mieux ne pas essayer de fondre ces anciens cadres

Voyage au pays de l’abeille carniolienne

De retour de Roumanie nous avons fait une petite halte en Slovénie, pays de l’abeille Carnica et paradis des apiculteurs.

L’apiculture est très développée en Slovénie, 1 apiculteur pour 210 habitants et 1 ruche pour 12 habitants alors qu’en France il y a un apiculteur pour 927 habitants et une ruche pour 47 habitants. L’abeille élevée par les Slovènes est exclusivement l’abeille Carnica et la sélection des reines est très encadrée par le ministère de l’agriculture:

« Devant l’apparition de races dérivées, de nombreux efforts ont été faits après la seconde guerre mondiale pour l’organisation de la sélection de la Carniolienne en Slovénie.
Ces efforts ont porté leurs fruits et un Office pour la sélection de la Carnica a été créé en 1984 à Ljubljana. Ainsi la qualité et la sélection de cette a été placée sous contrôle permanent du ministère de l’agriculture slovène, qui a fait de la défense de la Carnica autochtone une de ses priorités, particulièrement depuis l’indépendance du pays en 1991.
Depuis 1992 toutes les reines sont répertoriées et testées régulièrement dans des ruchers sélectionnés.
Chaque année, l’Office pour la sélection de la Carnica ne délivre d’agrément qu’à une quinzaine d’éleveurs ayant scrupuleusement respecté les directives des chercheurs et utilisant les meilleurs techniques de sélection et d’élevage.
Seuls ces éleveurs strictement sélectionnés et classés ne sont autorisés à exporter leurs reines, afin de ne proposer que les meilleures souches avec les qualités originelles de la Carnica.
L’introduction d’autres races d’abeilles est strictement interdit, il est exigé des éleveurs de détruire toutes les reines ne possédant pas l’écotype de la carniolienne, ce qui garantit la pureté de la race. »
(texte tiré du site web : www.carniolan.com/fr sur l’abeille carnica)
Lien vers ce site

Dans presque tous les villages au nord de la Slovénie on peut voir des ruchers couverts, souvent très colorés.

Un rucher de ruches divisibles

Monsieur KREVS, apiculteur sympatique et passionné, rencontré sur le marché de Kranjska Gora, dans le parc national des Triglav, au nord de la Slovénie.


Pour terminer notre trop court séjour en Slovénie, nous avons visité le musée de l’apiculture de Radovljica. Ce musée est dédié à Anton Janša (1734-1773), apiculteur slovène, qui enseignait l’apiculture à la cour des Habsbourg à Vienne. Anton Janša a découvert que la fécondation de la reine avait lieu en vol à l’extérieur de la ruche et a été le promoteur de la transhumance des abeilles. il a publié des écrits: « l’Essaimage »(1771), et « Traité complet d’apiculture » (1775).
Ce musée possède une étonnante collection de frontons de ruches peints, (kranjik) qui sont apparus au milieu de 18e siècle. Le plus ancien connu date de 1758.

 

 
Les plus anciens représentent des motifs religieux.

 

 
Puis apparaitront des motifs profanes et satiriques ou historiques.

L’enterrement du chasseur par les animaux.

Combat entre les français et les autrichiens.

Certains sont même richement sculptés.

Quelques liens vers la Slovénie et l’apiculture slovène.

Association des apiculteurs slovènes

Slovénie, pays de l’abeille carniolienne

la Slovénie et l’apiculture

Voyage en Slovénie de la société centrale d’apiculture

Musée d’apiculture de Radovljica

Un beau voyage, et une belle destination pour vos prochaines vacances, tout existe en Slovénie pour y passer un beau séjour, les abeilles, des paysages superbes, la gentillesse des slovènes et aussi la proximité, la frontière n’est qu’à 800km de notre région, pas plus loin que la Bretagne ou la cote Basque.

Le pesticide Cruiser OSR autorisé sur le colza

2ème mauvaise nouvelle cette semaine, après Vespa Velutina en Ardèche, autorisation du Cruiser OSR sur les semences de colza

Le pesticide Cruiser OSR de la firme suisse Syngenta a reçu une autorisation de mise sur le marché en France. Ce produit fongicide et insecticide est destiné à enrober les semences de colza pour les protéger contre les parasites. Or le Cruiser, déjà utilisé en France pour le maïs, fait partie des pesticides mis en cause dans la forte mortalité des abeilles. L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) a révélé jeudi 16 juin cette autorisation, confirmée ce vendredi par le ministère de l’Agriculture.

Quelques liens:

Comuniqué de presse de l’UNAF sur le Cruiser OSR

Dépèche de l’AFP

Article de Sciences et Avenir

Article de Liberation